Fil d'Ariane
12
juin 2026
Air France-KLM au Paris Air Forum 2026 : Compétitivité, consolidation et décarbonation au cœur du programme
Le 12 juin 2026, le Groupe Air France-KLM était présent au Paris Air Forum, organisé à la Maison de la Mutualité à Paris. Désormais à sa 13e édition, le Paris Air Forum est le premier sommet européen dédié à l'aérospatial, à l'espace et à la défense, réunissant plus de 2 000 participants et 100 experts pour aborder les défis les plus pressants du secteur.
Au programme, des dirigeants du Groupe Air France-KLM, dont Benjamin Smith, Directeur général du Groupe, Anne Rigail, Directrice générale d’Air France, et Olivier Mazzucchelli, Directeur général de Transavia France ont été invités à échanger avec d'autres leaders de l’industrie et à partager leurs perspectives avec les participants.
Benjamin Smith : « Nous voulons créer un champion mondial européen, reliant l'ensemble du continent, du Nord au Sud, avec le reste du monde. »
Lors d’un keynote, Benjamin Smith, Directeur général d'Air France-KLM, a exposé les orientations stratégiques du Groupe dans le contexte actuel. Il a réaffirmé l'ambition du Groupe de jouer un rôle majeur dans la consolidation de l'aviation européenne, en mettant l'accent sur la progression vers une prise de participation majoritaire dans SAS et la préparation d'une offre ferme pour TAP Air Portugal. Il a souligné l'importance de créer un champion mondial européen capable de relier le continent au reste du monde. Sur les questions de flotte et de produit, il a confirmé que le Groupe reste pleinement engagé dans sa stratégie de montée en gamme. D’ici 2028, la part des sièges premium devrait atteindre 24 % chez Air France et 21 % chez KLM. Il a également appelé les institutions européennes à remédier d'urgence aux distorsions de concurrence créées par des réglementations telles que le système d'échange de quotas d'émissions de l'UE et les mandats sur les carburants d'aviation durables (SAF), qui placent les compagnies européennes dans une situation de désavantage structurel par rapport à leurs concurrents internationaux.
Anne Rigail : « La gestion des crises fait partie de notre quotidien. Nous sommes presque systématiquement l'un des premiers secteurs touchés par tout événement géopolitique, sanitaire ou météorologique. »
Anne Rigail, Directrice générale d'Air France, a participé à une table ronde, aux côtés de représentants de Thalès, Groupe ADP et de la Direction générale de l’Aviation civile (DGAC), sur les défis posés par le contexte géopolitique actuel. Elle a décrit la manière dont Air France a réagi rapidement au récent conflit au Moyen-Orient, en suspendant immédiatement les vols vers Dubaï, Riyad, Tel Aviv et Beyrouth et en redéployant des appareils pour répondre à la forte demande sur les liaisons asiatiques, une agilité qu'elle attribue directement aux enseignements tirés de la crise du Covid. Sur le carburant, elle a noté que si la politique de couverture du Groupe, portant sur 66 % de la consommation en 2026, a constitué un amortisseur financier au premier trimestre, l'impact total de la hausse des prix du kérosène se fera pleinement sentir à partir du deuxième trimestre, avec un surcoût pour le Groupe Air France-KLM estimé à 2,4 milliards de dollars pour l'année. Elle a également abordé la question structurelle à plus long terme de la compétitivité européenne, appelant à des règles de concurrence équitables et à un cadre réglementaire tenant compte de la dimension internationale du transport aérien, tout en confirmant que les efforts de décarbonation, notamment le renouvellement de la flotte et l'investissement dans les SAF, resteront une priorité pour le Groupe.
Olivier Mazzucchelli : « Un déplacement du trafic plutôt qu'une décarbonation effective : tel est le risque si le terrain de jeu reste inégal. »
Olivier Mazzucchelli, Directeur général de Transavia France, s'est exprimé sur le poids croissant des contraintes réglementaires et fiscales pesant sur les compagnies françaises et européennes. Lors d'une table ronde, il a mis en lumière l'impact cumulatif des cadres environnementaux qui se recoupent, système d'échange de quotas d'émission (SEQE) de l'UE, mandats SAF de ReFuelEU et CORSIA, soulignant que pour Transavia, le coût de la conformité aux SAF devrait être multiplié par six d'ici 2030, malgré la lenteur de la montée en puissance des capacités de production industrielle de SAF. Il a averti qu'une éventuelle extension du SEQE de l'UE aux vols internationaux pourrait compromettre gravement la compétitivité tarifaire sur les liaisons desservies par des compagnies non européennes, non soumises à des contraintes équivalentes. Il a plaidé pour un cadre renforcé comme voie plus équilibrée vers la décarbonation de l'aviation internationale, ainsi que pour une meilleure réaffectation des recettes du SEQE de l'UE au secteur aérien afin de soutenir le renouvellement des flottes et le développement des SAF.
La présence du Groupe à cette édition du Paris Air Forum a reflété à la fois l'étendue des défis auxquels fait face l'industrie aéronautique et la volonté d'Air France-KLM de s'engager de manière constructive dans les débats qui façonnent son avenir. De la résilience géopolitique à la concurrence équitable, en passant par la décarbonation et la réforme réglementaire, les dirigeants du Groupe ont clairement affirmé que, si le contexte actuel est exigeant, Air France-KLM reste engagé dans la poursuite de sa feuille de route stratégique.