Histoire

  

Deux compagnies pionnières nées un 7 octobre

C’est un 7 octobre que sont nées KLM et Air France, la première en 1919, sous le nom de Koninklijke Luchtvaartmaatschappij, compagnie royale aérienne néerlandaise pour les Pays-Bas et les colonies, la seconde en 1933, par le regroupement de cinq compagnies aériennes françaises, Air Union, Air Orient, Société Générale de Transport Aérien (SGTA), la CIDNA et l’Aéropostale.

Toutes deux comptent parmi les quelques rares compagnies aériennes existantes à avoir vu le jour avant la seconde guerre mondiale. Toutes deux ont été des pionnières de l’aviation civile.

C’est en 1920 que KLM effectue son premier vol entre Londres et Amsterdam avec un Airco DH 16 piloté par Jerry Shaw, premier pilote officiel de KLM. A partir de 1921, la compagnie développe des liaisons régulières desservant progressivement Amsterdam, Rotterdam, Bruxelles, Paris, Londres, puis Brême, Copenhague et Malmö, avec des Fokker.

Dès 1929, elle crée une ligne longue distance régulière entre les Pays-Bas et l’Indonésie, alors colonie néerlandaise. Puis KLM regarde vers l’ouest et crée en 1934 une liaison transatlantique entre Amsterdam et Curaçao, dans les Antilles Néerlandaises, assurée par un Fokker F-XVIII.

Pendant ce temps en France, plusieurs compagnies à capitaux privés engagent l’aventure de l’aviation commerciale en se concentrant sur le transport du courrier. Parmi elles, les Lignes Latécoère, créées en 1919, qui deviendront l’Aéropostale en 1927.

En 1924, Jean Mermoz crée la liaison entre Toulouse et Barcelone, par-dessus les Pyrénées. Puis ce sont Casablanca-Dakar et le franchissement régulier du désert en 1926, le premier vol sans escale entre Toulouse et Saint-Louis du Sénégal en 1927, l’ouverture d’une ligne survolant la Cordillère des Andes en 1929, enfin les premières traversées de l’Atlantique à partir de 1930, d’abord sous la bannière de l’Aéropostale puis sous celle d’Air France.

1945 – 1960 Premiers pas vers un réseau mondial

Interrompus pendant la guerre, les vols reprennent pour les deux compagnies. En France, comme beaucoup d’entreprises considérées d’intérêt général, Air France est nationalisée.

Dès 1946, Air France et KLM créent les premières liaisons régulières entre l’Europe et l’Amérique du Nord en joignant New-York depuis Paris et Amsterdam. Le voyage, avec escales, dure près de 24 heures. Il s’effectue en DC4, un appareil quadrimoteur qui a fait ses preuves pendant la guerre et qui peut transporter une quarantaine de passagers à 360 km/h.

Parallèlement, Air France et KLM s’équipent d’appareils Lockheed Constellation, qu’Air France inaugure sur la ligne Paris-New -York en 1947. La durée du vol passe à une quinzaine d’heures et peut s’effectuer sans escale dans le sens du retour. Dotées des mêmes appareils pour des destinations similaires, les deux compagnies s’assistent mutuellement.

En 1958, elles inaugurent une nouvelle route pour joindre Tokyo : la route polaire, avec escale à Anchorage.

1960 – 1980 La révolution de l’avion à réaction

L’essor de l’aviation civile se heurtait aux limites techniques des avions à hélices. Tout change avec l’arrivée des premiers avions à réaction, à la fin des années 1950.

Désormais, l’Océan Atlantique peut se franchir d’un seul bond, avec des appareils dont la vitesse dépasse les 900 km/h : les Boeing 707 et les Douglas DC-8. En 1958, Air France met en service les premières Caravelle pour des vols européens et à destination de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, tout en exploitant les premiers Boeing 707 qui réduisent la durée du trajet Paris-New York à 8 heures. KLM quant à elle opte pour les Douglas DC-8.

A nouveaux avions nouvelles infrastructures. Les passagers affluent de plus en plus nombreux, le monde s’ouvre aux voyages. Depuis 1952, Air France a quitté l’aéroport du Bourget pour s’installer à celui d’Orly. En 1961, Air France installe son exploitation et ses ateliers à Orly Sud.

Aux Pays-Bas, le mouvement est le même et c’est en 1967 que KLM fait décoller son premier avion depuis le tout nouvel aéroport de Schiphol, près d’Amsterdam. Le progrès parallèle des aéronefs et des infrastructures aéroportuaires ne va plus cesser d’accompagner l’essor du trafic et des compagnies. C’est ainsi qu’en 1970 Air France commence l’exploitation sur ses lignes long-courriers des Boeing 747 qui peuvent accueillir quelque 500 passagers. Elle est suivie par KLM en 1971.

L’ère des gros porteurs et du transport aérien de masse est engagée. Orly ne suffit plus et, en 1974, Air France s’installe dans la nouvelle aérogare de Paris-Charles de Gaulle 1 puis en 1982 dans l’aérogare CDG 2.

En 1976, Air France met en service l’avion supersonique Concorde, d’abord sur Paris-Rio, Paris-Caracas et Paris-Washington puis, en 1977, sur Paris-New York, reliant les deux villes en 3 heures 45 minutes.

1980 – 2000 Premiers regroupements nationaux

A partir de la décennie 1980, l’espace aérien s’ouvre à la concurrence, le voyage en avion devient accessible à une population de plus en plus large. Le monde est à la portée du plus grand nombre.

En 1989, pour la première fois dans l’histoire du transport aérien, une alliance est conclue : KLM et la compagnie américaine Northwest Airlines se rapprochent pour offrir à leurs clients un accès aisé à leurs deux réseaux. Un premier accord de « ciel ouvert » sera conclu en 1991 entre les Pays-Bas et les Etats-Unis, permettant dès 1993 l’exploitation en joint-venture de tous les vols KLM et Northwest Airlines entre l’Europe et les Etats-Unis.

De son côté, Air France acquiert UTA en 1990. La fusion des deux compagnies aura lieu deux ans plus tard, faisant du nouveau groupe l’actionnaire principal d’Air Inter, la compagnie dédiée aux vols intérieurs en France, dont il détient 72% du capital. Six ans plus tard Air Inter deviendra Air France Europe, avant d’être absorbée par Air France en 1997.

Le capital d’Air France est ouvert au début de 1999. La première cotation du titre sur le Règlement Mensuel de la Bourse de Paris aura lieu le 22 février 1999.

Pendant cette dernière décennie du 20e siècle, KLM elle aussi a grandi et évolué. Elle a fondé en 1991 sa compagnie régionale, KLM Cityhopper, en fusionnant NLM Cityhopper et Netherlines, et renforcé sa participation dans Transavia en la portant de 40 à 80%.

Les deux compagnies disposent désormais d’un réseau complet associant des liaisons long-courriers et des lignes intérieures. Comment exploiter au mieux ces synergies ? Pour répondre à cette interrogation, KLM crée en 1992 à l’aéroport de Schiphol la première plate-forme européenne de correspondances entre ses vols moyens et long-courriers.

Air France lui emboîte le pas l’année suivante en mettant en place une plate-forme de correspondances entre ses vols moyen-courriers et long-courriers à Paris-Charles de Gaulle.

2000-2010 – Des regroupements et des alliances à l’échelle du monde

Dans un monde ouvert, où la concurrence s’étend et s’avive (l’accord de « ciel ouvert » entre la France et les États-Unis interviendra en 2001), il faut désormais offrir toujours plus de destinations, toujours plus de facilités. Air France s’étoffe encore en intégrant, en 2000, les compagnies Regional Airlines, Flandre Air, Proteus, BritAir et CityJet pour créer son pôle régional. Mais il faut à présent agir à l’échelle du monde.

Une première réponse est de s’allier entre compagnies complémentaires, pour mettre en commun les réseaux et offrir au client de chaque compagnie un accès facile et transparent aux destinations desservies par les partenaires. C’est le principe des alliances SkyTeam, pour le transport de passagers, et SkyTeam Cargo, pour le fret, lancées dès 2000 par Air France, Aeromexico, Delta Airlines et Korean Air. SkyTeam ne cesse depuis de monter en puissance. Alitalia et CSA Czech Airlines la rejoignent en 2001, suivies par KLM et ses partenaires américains Northwest Airlines et Continental en 2004, puis par la compagnie russe Aeroflot en 2006. L’année suivante, c’est China Southern Airlines qui adhère à SkyTeam, première alliance à accueillir une compagnie de Chine continentale. Air Europa, Kenya Airways, la compagnie roumaine TAROM et Vietnam Airlines viendront ajouter leurs réseaux à Sky Team, qui en dix ans aura doublé ses vols et ses destinations.

Une seconde réponse, complémentaire, est de regrouper les forces de manière encore plus étroite : c’est ce que décident Air France et KLM en 2003. Le 30 septembre, les deux compagnies annoncent leur intention de rapprochement via une offre publique d’échange (OPE) par Air France sur les titres KLM .L’OPE est lancée le 5 avril 2004 sur les marchés d’Euronext Paris et Amsterdam ainsi que du New York Stock Exchange. Cette opération qui transfère la majorité du capital d’Air France au secteur privé par dilution de la part de l’État français aboutit à la privatisation de la compagnie française.

Le premier groupe européen de transport aérien

Le groupe Air France KLM est né. Il conserve les marques prestigieuses des deux compagnies tout en réunissant leurs forces. Une nouvelle aventure commence : celle de la construction d’un groupe leader en Europe, rassemblant les équipes, les compétences, les moyens techniques, commerciaux et industriels autour d’une volonté commune : gagner et fidéliser des clients.

Rapidement les synergies sont exploitées. C’est ainsi, par exemple, qu’en 2005 les équipes marketing, commerciales et de ventes d’Air France Cargo et de KLM Cargo sont intégrées dans une structure unique, la Joint Cargo Team. En 2005, le programme de fidélisation Flying Blue, commun aux deux compagnies, est lancé.

Les deux hubs de Paris-Charles de Gaulle et d’Amsterdam Schiphol fonctionnent en tandem, les réseaux jouent de leurs complémentarités et aussi de leurs redondances pour répondre avec un maximum de flexibilité aux fluctuations de la demande.

En 2007, le groupe lance la compagnie Transavia France pour des vols moyen-courriers vers des destinations loisirs au départ de Paris-Orly. En 2008, il rachète la compagnie néerlandaise de fret aérien Martinair, dont KLM détenait déjà 50%, et en 2009 il acquiert 25 % du capital d’Alitalia qui devient ainsi un partenaire privilégié.

La puissance du groupe et de ses alliances lui permet de mobiliser des infrastructures de premier rang. C’est ainsi qu’en 2007, s’ouvre à Paris Charles de Gaulle un nouveau satellite d'embarquement (S3), baptisé « la Galerie parisienne » totalement dédié à Air France-KLM et à l’alliance SkyTeam. Consacré en priorité à la correspondance rapide entre avions court-moyen courrier et long-courrier, il permet l'embarquement simultané de six A380.

La stratégie d’alliances qui avait été engagée par les deux compagnies continue désormais sous la bannière du groupe. Un accord majeur intervient ainsi en mai 2009 : Air France KLM et la compagnie américaine Delta Airlines créent une joint venture pour exploiter en commun leurs routes transatlantiques, en partageant recettes et coûts. Alitalia rejoint l’année suivante ce qui est à ce jour la plus grande joint venture transatlantique.

Une logique similaire présidera à l’accord de joint-venture portant sur le partage des recettes sur la ligne Paris-Canton entre Air France et China Southern en novembre 2010.

Face aux défis, un groupe réactif et responsable

La fin de la décennie est marquée par les premières grandes épreuves que doit affronter le groupe. C’est l’accident tragique du vol AF447 – Rio Paris qui disparaît dans l’Atlantique le 1er juin 2009. C’est encore en avril 2010 une éruption volcanique en Islande qui provoque la fermeture d’une grande partie de l’espace aérien européen pendant plusieurs jours.

C’est par ailleurs la crise économique mondiale qui touche de plein fouet l’activité de transport aérien. Le groupe fait alors face et choisit d’investir dans la modernisation de son offre et la réorganisation de certaines activités comme le cargo. La flotte se renouvelle ; le premier Airbus A380 du groupe effectue son vol inaugural le 23 novembre 2009.

L’histoire d’Air France-KLM s’écrit désormais dans les airs et sur les ondes, avec une présence accrue sur les mobiles et les réseaux sociaux. Service client en ligne et applications exclusives sont la signature d’un Groupe à la pointe de l’innovation.

En 2012, le groupe s’engage dans un vaste plan de transformation, « Transform 2015 », avec pour objectifs de retrouver la compétitivité et de repositionner son offre. Air France et KLM déploient de nouvelles cabines sur leurs appareils long et moyen-courrier et mettent toujours davantage l’accent sur le service au client et la haute qualité de service. Air France restructure son offre moyen-courrier et lance HOP!, sa compagnie régionale, tout en développant l’activité de sa filiale low cost Transavia. Perform 2020, nouveau plan stratégique du groupe, vise à asseoir durablement la croissance et la compétitivité d’Air France-KLM et à atteindre le plus haut niveau mondial en termes de produits et services.

Au terme d’une décennie d’efforts conjoints, le Groupe peut être fier de ses réalisations. Il est aujourd’hui un leader dans chacun de ses trois grands métiers l le transport de passagers, le transport de fret et la maintenance aéronautique. De plus, acteur engagé d’un transport aérien responsable, il est reconnu comme leader de son secteur en termes de développement durable.